Conférence spécialisée sur le thème « Modèles BIM 3D « as-built » dans les bâtiments existants » | 24 septembre 2023

Lors d'une conférence spécialisée au forum openBIM à Lucerne, Daniel Gantenbein et Daniel Kägi ont abordé et expliqué trois questions essentielles sur le thème des modèles 3D « As-Built » dans les bâtiments existants.

Quelles sont les principales différences entre les modèles as-built dans les bâtiments existants et les modèles BIM pour les nouvelles constructions ? Comment les modèles as-built doivent-ils être conçus, modélisés et structurés pour pouvoir être utilisés immédiatement et perfectionnés ? Et pourquoi les bâtiments existants recèlent-ils un potentiel bien plus important que les nouvelles constructions ?

En tant qu'experts du secteur de la numérisation de bâtimentset de la modélisation 3D, Daniel Gantenbein, directeur général « Architecture et métré » du groupe HMQ, et Daniel Kägi, responsable du département « Architecture et métré » du groupe HMQ, ont partagé leur expertise avec le public spécialisé lors du forum openBIM à Lucerne.

Quelles sont les principales différences entre les modèles BIM dans les nouvelles constructions et les modèles As-Built des bâtiments existants ?

Un modèle BIM d'un nouveau bâtiment représente l'état théorique d'un bâtiment « tel que prévu ». Cependant, la planification et la réalité divergent souvent. En revanche, un modèle BIM 3D tel que construit représente l'état réel, c'est-à-dire « tel que construit ». On y trouve souvent des irrégularités et des particularités individuelles.

Alors qu'un modèle BIM permet de représenter toutes les informations relatives à une nouvelle construction, la modélisation 3D d'un bâtiment existant repose exclusivement sur les informations visibles et accessibles. Cela signifie, par exemple, qu'il n'est pas possible de représenter la structure d'un mur, les zones de montée ou les endroits inaccessibles lors de la prise de mesures.

Il existe de nombreuses normes BIM pour les nouvelles constructions, telles que la norme SIA 2051(fiche technique SIA 2051 Building Information Modelling BIM) ou la Swiss BIM Loin-Definition LOD. En revanche, il n'existe pas de normes comparables pour la modélisation 3D dans les bâtiments existants.

Quelle doit être la conception et la structure des modèles as-built pour qu'ils puissent être utilisés et développés immédiatement ?

Un modèle as-built de bonne qualité doit être modélisé de manière géométriquement correcte , avec une tolérance de ± 2 cm. Il doit également tenir compte, dans la mesure du possible, de la perpendicularité et de l'uniformité (par exemple, fenêtres, portes, etc.) du bâtiment existant afin de garantir une planification efficace du projet.

Le niveau de détail géométrique [Level of Detail LOD] des modèles As-Built estconforme à une norme selon les spécifications HMQ et s'appuie sur la norme SIA 2051. En l'absence de normes, HMQ AG a développé elle-même cette norme pour la modélisation BIM dans les bâtiments existants afin de réduire les possibilités d'interprétation dans la conception et la structure d'un modèle 3D tel que construit.

La structuration et le traitement des modèles « as-built » doivent dans tous les cas être orientés vers les composants afin que ces modèles soient préparés de manière optimale pour les applications BIM. Un modèle 3D « as-built » de haute qualité est prêt pour le BIM.

Pourquoi le parc immobilier existant recèle-t-il un potentiel bien plus important que les nouvelles constructions ?

Certes, il s'agit là d'une hypothèse audacieuse. Cependant, si l'on examine les quelque 1,8 million de bâtiments à usage résidentiel en Suisse et leur structure d'âge (OFS Office fédéral de la statistique 2020), on se rend compte de l'énorme potentiel que recèle le parc immobilier existant. Plus de 50 % de ces bâtiments ont plus de 50 ans et plus de 30 % ont plus de 20 ans. En termes de durabilité et d'efficacité énergétique, les bâtiments existants présentent donc un besoin immense.

Si l'on compare simultanément les quelque 10 000 nouveaux bâtiments résidentiels construits chaque année (OFS Office fédéral de la statistique 2020), ce qui représente environ 0,6 % de tous les bâtiments à usage résidentiel en Suisse, on comprend rapidement les raisons qui sous-tendent cette hypothèse audacieuse.

Et pour l'avenir ?

« Les modèles 3D conformes à l'exécution du parc immobilier existant joueront à l'avenir un rôle clé pour préserver efficacement et numériquement la valeur des bâtiments existants, les moderniser et les exploiter de manière durable », s'accordent à dire Daniel Gantenbein et Daniel Kägi.

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